QU’EST-CE QUE LA GENDD ?

La Gestion de l’Egalité de la Non Discrimination et de la Diversité est une approche intégrative des notions d’égalité, de non discrimination et de diversité, ayant pour objectifs la réduction des inégalités de traitement, le respect des différences et l’inclusion, dans tous les milieux socio-professionnels (entreprises, service public, collectivités, associations, école, etc.).

Le caractère intégrateur de cette approche concerne cinq dimensions :

1. La GENDD est une approche pluri-contextuelle s’adressant aux femmes et aux hommes, professionnels concernés par la réduction des inégalités de traitement, le respect des différences et l’inclusion, quel que soit leur secteur d’activité. Le terme de gestion, souvent associé aux entreprises, ne s’adresse pas uniquement à ces dernières dans cette approche. En effet, la GENDD intègre à la fois les réflexions et les actions menées dans différents contextes professionnels face à la variété des usages des termes associés aux trois notions de base :

  • égalité  (égalité ‘’de traitement’’, ‘’égalité des chances’’, voire ‘’égalité femmes – hommes’’)
  • (non) discrimination ou ‘’lutte contre les discriminations’’
  • diversité, et parfois ‘’responsabilité sociale de l’entreprise’’ ou RSE, expression sensée prendre en compte le volet diversité

Dans l’objectif de réduire les inégalités de traitement, les entreprises privilégient la notion de diversité (cf.  management de la diversité) mais l’école, comme les collectivités locales ou encore la fonction publique préfèrent souvent l’égalité (cf. charte pour la promotion de l’égalité dans la fonction publique) alors que les ONG ou encore les associations ont tendance à mettre plus directement directement en avant les discriminations dont sont victimes certains groupes et insistent, sans forcément recourir à la promotion de l’égalité et/ou de la diversité, sur la lutte contre les discriminations (LCD) . Les dispositifs, les commissions ou encore les titres des professionnels en charge de ces questions varient en fonction du contexte dans lequel ils exercent. Cette approche intégrative a pour but de renforcer le dialogue entre les professionnels de ces différents milieux dont les missions cherchent à atteindre un objectif commun.

2. La GENDD est une approche à la fois théorique et pratique : elle concerne aussi bien les chercheuses et les chercheurs de différentes disciplines que les praticiennes et les praticiens de tous milieux socio-professionnels dont les activités ont pour but de réduire les inégalités de traitement et favoriser le respect des différences. La prise en compte simultanée de la théorie et de la pratique dans ce domaine, répond aux besoins de ces personnes en attente d’un lieu d’échange et de confrontation commun, à propos des avancées de la recherche et des innovations du terrain concernant ces problématiques récentes.

3. La GENDD est une approche interdisciplinaire qui intègre les différents usages de la terminologie ‘’égalité – non discrimination – diversité’’ variant d’une discipline à l’autre. La sociologie ou encore les sciences politiques articulent régulièrement ces notions, parfois de façon critique. Le Droit s’intéresse avant tout à l’égalité et à la non discrimination, comme l’économie qui s’attache surtout aux inégalités sociales ou encore au coût des discriminations. De son côté la notion de diversité retient avant tout l’attention des gestionnaires, alors que les psychologues sociaux étudient depuis une cinquantaine d’années le processus de discrimination. L’approche conjointe de ces usages disciplinaires ouvre de nouvelles perspectives de recherche et rend plus efficace les interventions sur le terrain.

4. La GENDD est une approche ‘’multi-critères’’ ou ‘’multi–motifs’’. La notion d’égalité désigne plus particulièrement des rapports de sexes (ou de genres) alors que la diversité reste souvent associée à « l’origine, l’ethnie ou la race » mais la GENDD défend la non hiérarchie des critères ou motifs de discrimination retenus. Au regard du droit, en France cette approche se limite aux vingt critères * actuels ou aux six motifs ** au Luxembourg, dans le cas de ces deux pays, mais d’un point de vue plus général, elle s’intéresse à tout critère ou motif conduisant à une inégalité de traitement. De ce fait, la gestion des âges, la parentalité en entreprise, la conciliation de la vie professionnelle et de la vie familiale, l’homophobie au travail, l’intégration et le maintien dans l’emploi des travailleurs handicapés ou encore la gestion du fait religieux, pour ne citer que quelques exemples, constituent des thématiques à part entière de la GENDD dont les principes et les mécanismes peuvent être envisagés dans leurs spécificités mais également de façon transversale, au travers de ce qu’ils partagent en termes de réduction des inégalités de traitement, de respect des différences et d’inclusion.

5. La GENDD est une approche internationale. La volonté de réduire les inégalités de traitement,  la valorisation du respect des différences et la recherche de l’inclusion sont des objectifs communs à la plupart des pays dont la mise en œuvre se traduit par d’importantes variations juridiques et inter-culturelles, y compris au sein de l’union européenne, comme l’illustre le cas de la France et du Luxembourg, en matière de critères ou de motifs de discrimination mais aussi de lois, d’institutions ou de dispositifs dédiés à ces questions. La représentation démographique des différents groupes cibles, la qualité des relations intergroupes ou encore le niveau d’acceptation à l’égard des inégalités, en particulier par celles et ceux qui les subissent, varient d’un pays à l’autre et nécessite une ouverture interculturelle et internationale chez les professionnels-les du domaine qui ne peuvent ignorer ni les frontières nationales, ni l’hétérogénéité culturelle des sociétés actuelles. Les comparaisons internationales offrent un contre point culturel favorisant la compréhension du contexte national d’exercice de chacun à ce sujet. Les bonnes pratiques sont parfois à rechercher au delà des frontières nationales. Dans cette perspective, cette approche cherche également à promouvoir la mise en réseau d’actrices et d’acteurs de la GENDD relevant de pays différents.

* les vingt critères de discrimination retenus par le Droit français sont « l’origine, le sexe, la situation de famille, la grossesse, l’apparence physique, le patronyme, l’état de santé, le handicap, les caractéristiques génétiques, les mœurs, l’identité sexuelle, l’orientation sexuelle, l’âge, les opinions politiques, les activités syndicales, l’appartenance ou la non appartenance, vraie ou supposée, à une ethnie, une nation, une race ou une religion déterminée et le lieu de résidence»

** les six motifs de discrimination retenus par le Droit luxembourgeois sont « la race ou l’origine ethnique, le sexe, l’orientation sexuelle, la religion ou les convictions, le handicap et l’âge ».