Les collectivités tournées vers l’égalité de traitement

Actes du séminaire - Amiens PLCD_Page_01

Si les entreprises usent de la diversité pour lutter contre les discriminations, les collectivités préfèrent mettre en avant l’égalité. Un nombre croissant de collectivités investit la problématique de la GENDD à l’interne comme à l’externe. En effet, comme toute organisation, les collectivités territoriales sont concernées par une gestion des ressources humaines de leurs agents garantissant l’égalité de traitement mais en plus elles ont pour mission d’offrir un service à leurs habitants dans ce domaine. L’événementiel dont nous avons parlé dans un article précédent, peut traduire un certain engagement du territoire sur ces questions mais les ‘’semaines’’ ou les ‘’mois’’ consacrés à l’égalité ne suffisent pas. Les responsables des collectivités en charge de la lutte contre les discriminations et/ou garants de l’égalité de traitement sont de plus en plus nombreux à se faire conseiller et accompagner dans ce domaine mais aussi à se former à la GENDD et à échanger au sujet de la réglementation et des bonnes pratiques dans ce domaine. Pour répondre à ces attentes, le Centre national de la fonction publique territoriale (CNFPT) a organisé en collaboration avec l’Agence pour la cohésion sociale et l’égalité des chances (L’ACSE) et l’association des professionnels en charge de la politique de la ville (IRDSU) un colloque à Amiens les 18 et 19 octobre 2012 consacré à l’égalité de traitement dans la cité. Un montage vidéo d’une dizaine de minutes restitue les moments forts de ce regroupement : http://www.demain.fr/index.php?id=700

 

Un diplôme universitaire pour la diversité

Interview de Pascal Tisserant et Stéphane Leymarie, co-fondateurs du DU GENDD, dans la lettre n°8 du club diversité Lorraine de janvier 2012 (http://www.diversite-lorraine.sitew.com/#Actualite.C)

Club diversité Lorraine : Pascal Tisserant, psychosociologue, vous êtes à l’origine du diplôme universitaire GENDD à l’Université Paul Verlaine de Metz. Pouvez-vous nous en dire deux mots ?

Pascal Tisserant : Il s’agit d’un diplôme équivalent à un bac + 3/4, accessible uniquement dans le cadre de la formation continue, comprenant 120 heures de formation réparties sur 20 jours dans l’année. Onze personnes ont participé à la première promotion en 2011, à Metz. Deux nouvelles promotions vont ouvrir en 2012, une en février au Luxembourg et l’autre à Metz en octobre prochain.

CLD : Stéphane Leymarie, gestionnaire, vous êtes également co-fondateur de ce diplôme. Pouvez-vous expliquer pourquoi cette double entrée : sciences sociales et sciences de gestion ? 

Stéphane Leymarie : Les compétences des acteurs ayant en charge le développement des projets relatifs au rétablissement de l’égalité (de traitement ou des chances), à la lutte contre les discriminations (parfois réduit à l’évitement du risque discriminatoire) ou encore à la promotion de la diversité, sont non seulement nouvelles, mais avant tout pluridisciplinaires. Une vingtaine d’experts, praticiens et universitaires, relevant de disciplines et de secteurs professionnels variés apportent ces différents éclairages tout au long de la formation.

CLD : A qui s’adresse ce diplôme ?

SL : Ce diplôme s’adresse à toute personne souhaitant acquérir et valider des compétences dans ce domaine récent et rarement pris en compte dans les formations initiales. L’expérience très positive de la première promotion montre que les profils des personnes intéressées sont divers et relèvent aussi bien des ressources humaines que du domaine de l’insertion, certains exercent dans une grande entreprise, d’autres sont indépendants, ou dirigent une association ou encore travaillent pour les collectivités locales et territoriales.

CLD : La chambre des salariés du Luxembourg propose désormais dans son offre de formation le DU GENDD. Les enjeux sont-ils les mêmes au Luxembourg et en France ?

PT : Le besoin de compétences en GENDD ne touche pas seulement la France. Les entreprises luxembourgeoises cherchent également à former certains de leurs responsables à ces questions. La convention que nous avons signée avec la chambre des salariés du Luxembourg nous conduit à délivrer ce diplôme de l’Université de Metz en adaptant la formation au contexte luxembourgeois. A titre d’exemples, le nombre de critères de discrimination retenus par la loi au Luxembourg n’est pas de 18 comme en France mais de 6, avec le sexe, la race ou l’ethnie, l’âge, le handicap, l’orientation sexuelle et la religion ; on ne parle pas de charte et de label diversité mais d’un label ‘’entreprise socialement responsable’’ qui comprend un volet ‘’diversité’’. Des raisons historiques, économiques et politiques expliquent ces différences mais les fondements psycho-sociologiques de la discrimination ou encore les grands principes du management de la diversité sont semblables.

CLD : D’autres projets de partenariats en Europe ou, peut-être dans d’autres pays du globe ?

PT : En France comme au Luxembourg, le DU GENDD propose un module d’ouverture à l’international concernant ces questions, non pas pour préparer, les participants à exercer à l’étranger mais avant tout pour offrir un contre point culturel permettant de mieux comprendre la situation du pays d’exercice à ce sujet. Les bonnes pratiques sont parfois à rechercher au delà des frontières nationales. Dans cette perspective, la mise en réseau d’acteurs européens de la formation en GENDD est un des projets restant à développer.