Nouveau calendrier de la formation 2015

UFR SHS

La cinquième rentrée du DU GENDD aura lieu début janvier 2015. Cette formation continue de 120 heures se déroulera à l’UFR Sciences Humaines et Sociales à Metz sur 10 vendredis et samedis matins de janvier à décembre 2015 et conduira à l’obtention du Diplôme d’Université en Gestion de l’Egalité, de la Non Discrimination et de la Diversité :

session 1 : 9 et 10 janvier

session 2 : 30 et 31 janvier

session 3 : 27 et 28 février

session 4 : 27 et 28 mars

session 5 : 29 et 30 mai

session 6 : 12 et 13 juin

session 7 : 3 et 4 juillet

session 8 : 18 et 19 septembre

session 9 : 9 et 10 octobre

session 10 : 6 novembre et 11 décembre

Depuis 2010, 32 personnes ont suivi cette formation unique en Europe, 18 à Metz et 14 au Luxembourg où les modules sont adaptés au contexte national. Ces femmes et ces hommes étaient pour la plupart indépendantes ou en poste en entreprise (souvent dans le domaine des ressources humaines), ou travaillaient dans le secteur public (organisation internationale, fonction publique d’État ou territoriale) ou encore dans le monde associatif (champ de l’insertion, de l’éducation). Une majorité possédait une expérience en lien avec un critère de discrimination précis, le sexe, l’origine ou encore le handicap, le plus fréquemment. Toutes souhaitaient étendre leur domaine de compétence, à la fois en termes de critères et d’approches disciplinaires (psychologie sociale, droit et gestion, principalement). Par ailleurs, la réalisation d’un mémoire professionnel tout au long de la formation a constitué une opportunité pour mettre en œuvre les acquis de la formation au service d’une problématique issue de l’environnement de travail du (de la) participant(e). Enfin, les nombreux experts locaux, nationaux et internationaux intervenants dans la formation ont offert des occasions de rencontres et d’échanges susceptibles de se poursuivre au-delà de la formation. Fort de ce succès, cette cinquième rentrée s’inscrit dans le prolongement des promotions précédentes.

D’autres précisions, en particulier relatives aux six modules, figurent sur ce site (onglet DU GENDD à Metz). Pour plus d’informations, en particulier concernant les dates limites et les modalités de pré-inscription, veuillez consulter le site de l’UFR SHS à Metz : http://shs-metz.univ-lorraine.fr/content/du-gendd

Attention : date limite de saisie des dossiers de candidature : vendredi 5 décembre 2014

Événementiel et usages de l’ENDD

Les collectivités locales et les entreprises s’approprient la thématique de l’Égalité, de la Non Discrimination et de la Diversité (ENDD) en organisant chaque année des événements conviviaux destinés, respectivement, au grand public et à leurs salariés.

Le Conseil général de Meurthe-et-Moselle organise ainsi, du 10 au 22 mai 2012, les septièmes rencontres de lutte contre les discriminations. Cet événement intitulé « égalité, fraternité, agissez » (http://www.cg54.fr/fr/actualite/article/egalite-fraternite-ag.html) prend la forme de 70 manifestations (concert, conférence, exposition, théâtre, film – débat, café citoyen,…) qui se déroulent dans le département. Quelques unes sont transversales aux 18 critères de discrimination de la loi française, plusieurs concernent directement le critère de l’origine, d’autres le handicap ou encore le sexe .

En France, les collectivités locales développent de nombreux événements et actions au nom de l’égalité, le plus souvent centrées sur l’égalité entre les femmes et les hommes et pouvant aller jusqu’à l’obtention du label  égalité, comme le défend la Région Bretagne (http://www.bretagne.fr/internet/jcms/preprod_125406/la-region-bretagne-obtient-le-label-egalite). D’autres collectivités locales dépassent ce premier usage de la notion d’égalité, en se mobilisant à l’égard de l’égalité des chances  et recourent à l’événementiel dans l’objectif de lutter contre les discriminations . Elles organisent une semaine consacrée à cette conception de l’égalité, comme la Région Île-de-France en 2008 (http://www.iledefrance.fr/les-dossiers/social-solidarite/semaine-de-legalite-en-ile-de-france/), ou un mois, comme celui de novembre, proposé chaque année depuis 2009 par la ville de Metz (http://www.metz.fr/metz2/sortir/trouver/fiche-7207.php) sur le même principe que l’événement « égalité, fraternité, agissez » à venir.

L’usage de la diversité est moins courant dans les événements initiés par les collectivités locales. La commission européenne tente cependant d’organiser depuis 2009 les journées de la diversité (« diversity days ») dans différentes villes d’Europe « destinées au grand public et aux médias visant à mettre l’accent sur les questions relatives à l’égalité et à la diversité, à fournir des informations sur la législation antidiscrimination » (http://ec.europa.eu/justice/fdad/cms/stopdiscrimination/activities/diversity_days.html?langid=fr). En 2009, le Luxembourg a accueilli l’une de ces journées et l’année suivante, la ville de Metz a organisé cet événement au titre de l’espace transfrontalier de la Grande Région. Ces journées concentrent, sur une journée, dans un quartier de la ville, un ensemble de manifestations proches de celles qu’organisent les collectivités locales françaises au nom de l’égalité et avec moins enthousiasme (ou de prudence ?) que la commission européenne à l’égard de la notion de diversité. On retiendra qu’en 2010, le caractère transfrontalier de cette journée a ajouté une dimension interculturelle à la thématique de ‘’l’ENDD’’ en cherchant à rapprocher les organismes et les associations allemandes, belges, françaises et luxembourgeoises œuvrant dans ce domaine.

Une autre institution internationale, les Nations Unies, retient également la notion de diversité en proposant de célébrer chaque 21 mai la journée mondiale de la diversité culturelle, suite à l’adoption de la Déclaration universelle de l’UNESCO sur la diversité culturelle en novembre 2001. L’invitation à célébrer cette journée (http://www.unesco.org/index.php?id=18174&L=1) traduit avant tout une promotion de la diversité culturelle, sans adossement explicite à la non discrimination. Le monde de l’entreprise qui affectionne particulièrement la notion de diversité, comparée à celle d’égalité ou de non discrimination, propose des événements autour de la diversité à cette occasion. C’est le cas du groupe EDF qui organise, depuis plusieurs années, à cette période, le « diversity day ». Dans cette entreprise, cette journée ne se limite pas à la simple promotion la diversité culturelle mais elle concerne différentes questions et critères de discrimination au travail. Comme l’explique Caroline Carré, chargée de mission diversité & RSE pour le groupe EDF, « le maître mot de cette journée est la convivialité ». Les concerts, expositions, jeux, pièces de théâtre ou conférences organisées sur les différents sites du groupe à l’occasion de cette journée complètent les actions de sensibilisation et de formation réalisées tout au long de l’année auprès des salariés du groupe.

Ces pratiques de l’événementiel en GENDD par les collectivités locales et les entreprises illustrent le caractère pluri-contextuel de cette approche intégrative des notions d’égalité, de non discrimination et de diversité : en fonction des secteurs professionnels, les acteurs ayant en charge la réduction des inégalités de traitement, le respect des différences et l’inclusion ne font pas le même usage de la terminologie ‘’ENDD’’. Ces exemples démontrent également l’intérêt des formations en GENDD regroupant des professionnels partageant des missions aux objectifs identiques au sein d’univers profondément différents. Par ailleurs, ils laissent en suspens la question de l’efficacité de ces événements sur la réduction des préjugés et de la discrimination, une dimension trop rarement prise en compte dans l’événementiel.

Un diplôme universitaire pour la diversité

Interview de Pascal Tisserant et Stéphane Leymarie, co-fondateurs du DU GENDD, dans la lettre n°8 du club diversité Lorraine de janvier 2012 (http://www.diversite-lorraine.sitew.com/#Actualite.C)

Club diversité Lorraine : Pascal Tisserant, psychosociologue, vous êtes à l’origine du diplôme universitaire GENDD à l’Université Paul Verlaine de Metz. Pouvez-vous nous en dire deux mots ?

Pascal Tisserant : Il s’agit d’un diplôme équivalent à un bac + 3/4, accessible uniquement dans le cadre de la formation continue, comprenant 120 heures de formation réparties sur 20 jours dans l’année. Onze personnes ont participé à la première promotion en 2011, à Metz. Deux nouvelles promotions vont ouvrir en 2012, une en février au Luxembourg et l’autre à Metz en octobre prochain.

CLD : Stéphane Leymarie, gestionnaire, vous êtes également co-fondateur de ce diplôme. Pouvez-vous expliquer pourquoi cette double entrée : sciences sociales et sciences de gestion ? 

Stéphane Leymarie : Les compétences des acteurs ayant en charge le développement des projets relatifs au rétablissement de l’égalité (de traitement ou des chances), à la lutte contre les discriminations (parfois réduit à l’évitement du risque discriminatoire) ou encore à la promotion de la diversité, sont non seulement nouvelles, mais avant tout pluridisciplinaires. Une vingtaine d’experts, praticiens et universitaires, relevant de disciplines et de secteurs professionnels variés apportent ces différents éclairages tout au long de la formation.

CLD : A qui s’adresse ce diplôme ?

SL : Ce diplôme s’adresse à toute personne souhaitant acquérir et valider des compétences dans ce domaine récent et rarement pris en compte dans les formations initiales. L’expérience très positive de la première promotion montre que les profils des personnes intéressées sont divers et relèvent aussi bien des ressources humaines que du domaine de l’insertion, certains exercent dans une grande entreprise, d’autres sont indépendants, ou dirigent une association ou encore travaillent pour les collectivités locales et territoriales.

CLD : La chambre des salariés du Luxembourg propose désormais dans son offre de formation le DU GENDD. Les enjeux sont-ils les mêmes au Luxembourg et en France ?

PT : Le besoin de compétences en GENDD ne touche pas seulement la France. Les entreprises luxembourgeoises cherchent également à former certains de leurs responsables à ces questions. La convention que nous avons signée avec la chambre des salariés du Luxembourg nous conduit à délivrer ce diplôme de l’Université de Metz en adaptant la formation au contexte luxembourgeois. A titre d’exemples, le nombre de critères de discrimination retenus par la loi au Luxembourg n’est pas de 18 comme en France mais de 6, avec le sexe, la race ou l’ethnie, l’âge, le handicap, l’orientation sexuelle et la religion ; on ne parle pas de charte et de label diversité mais d’un label ‘’entreprise socialement responsable’’ qui comprend un volet ‘’diversité’’. Des raisons historiques, économiques et politiques expliquent ces différences mais les fondements psycho-sociologiques de la discrimination ou encore les grands principes du management de la diversité sont semblables.

CLD : D’autres projets de partenariats en Europe ou, peut-être dans d’autres pays du globe ?

PT : En France comme au Luxembourg, le DU GENDD propose un module d’ouverture à l’international concernant ces questions, non pas pour préparer, les participants à exercer à l’étranger mais avant tout pour offrir un contre point culturel permettant de mieux comprendre la situation du pays d’exercice à ce sujet. Les bonnes pratiques sont parfois à rechercher au delà des frontières nationales. Dans cette perspective, la mise en réseau d’acteurs européens de la formation en GENDD est un des projets restant à développer.